La PMA, les procédures médicales à l’épreuve de l’épuisement

28 août 2013

Notre parcours dans l’infertilité n’est pas facile, comme pour tous les couples, mais je me suis rendue compte combien nous étions encore préservés des douleurs et de la lassitude de ce combat.

Je dis cela car récemment en parlant avec des forumeuses j’ai réalisé combien le parcours de certaines est long et rempli de déceptions. En France, les médecins peuvent proposer jusqu’à 6 inséminations avant de se tourner vers la FIV. J’ignorais cela et je m’en étonne surtout. L’argument en faveur de ces IAC à répétition est que c’est une procédure moins agressive que la FIV. Il serait normal d’y recourir (quasiment obligatoirement) avant de procéder à la fécondation in vitro.

Je ne pense pas que les IAC soient inefficaces mais les médecins se rendent-ils compte de l’impact psychologique de tous ces essais sur le couple? Il peut bien se passer deux ou trois années, le temps de faire ces 6 inséminations sans qu’aucun résultat positif en résulte. A ce moment-là les couples arrivent épuisés vers leur première FIV au risque d’abandonner l’idée d’en essayer une 2e en cas d’échec.

Cela m’a fait penser a un couple de mon entourage dont j’ai eu connaissance de leur infertilité. Ils ont passé des années à faire des inséminations infructueuses jusqu’au jour ou ils ont décidé de changer de médecin. Ce dernier a été stupéfait qu’au vu des résultats du spermogramme, on ne les ait pas dirigé bien plus tôt vers la FIV. Leur première FIV a été concluante. Voila que tout se termine bien.

Ces histoires de vie m’ont touchées et m’ont faites réaliser que nous avons « de la chance » dans notre parcours. Évidemment cela n’enlève rien à la difficulté d’en passer par là, mais aujourd’hui nous sommes encore confiants et plein d’espoirs (pas encore déçus).

En effet, après les examens de mon mari, la gynécologue nous a directement dit de nous tourner vers la FIV. J’ai eu beau insister pour avoir une IAC en premier lieu mais elle a refusé, nous assurant que ce serait une perte de temps. Nous avions été tellement déçus pensant carrément que notre cas était désespéré. Le problème n’était là mais que selon elle, les bénéfices de la FIV sont clairement plus supérieurs à ce que l’on aurait pu attendre de plusieurs IAC. Évidemment, nous ne pourrons jamais le savoir puisque rien n’a été tenté. Mais nous ne sommes pas encore « rincés » par les échecs et partons confiants dans cette FIV.

Au final, aucun parcours ne se ressemble même si l’origine de l’infertilité est la même. En effet, seul le corps médical décide de ce qui est bon et approprié. Je pense que le tout est d’avoir confiance en son praticien et en l’équipe qui l’entoure.

Je ne saurai que conseiller de se tourner vers ceux qui offrent les meilleures références médicales et technique mais aussi une ouverture d’esprit à l’écoute de leurs patients.

Partie 1 : le blocage

23 août 2013

Nous voila au début du protocole médical.

Nous avons dû repousser de 2 mois le début du protocole afin que j’entame ma cure de Metformine. Comme déjà expliqué dans un article précédent, la Metformine m’a été prescrite pour améliorer ma qualité ovocytaire, ayant une tendance dite OPK (ovaires polykystique).

Monsieur a fait un test à la clinique pour savoir quelle technique de FIV allait être envisagée. Ce fut une grande déception de savoir que nous ferons une FIV avec ICSI. Il va falloir injecter directement un « joli » spermatozoïde dans l’ovule. Le coté positif est qu’il y a plein plus de chances que beaucoup des œufs récoltés soient fécondés.

1. La prise de pilule

Avant de commence tout traitement, je dois prendre une pilule quotidiennement pour réguler ce cycle et mettre en pré-repos mes ovaires. Apparemment cela diminuerait aussi la formation de kystes.

2. Injection de Lupron, le blocage des ovaires

Le blocage par Lupron ne se fait pas beaucoup en France. Le Decapeptyl est le médicament le plus utilisé. Néanmoins le Lupron est largement utilisé aux États-Unis, Canada, Asie etc. L’objectif est le même. Il s’agit de mettre au repos les ovaires avant et durant la stimulation, afin que le praticien prenne le contrôle de ces dernières.

Je dois faire une piqure de Lupron tous les jours, à heure fixe jusqu’à la ponction des ovocytes. L’injection est indolore et je n’ai pas encore ressenti d’effets secondaires. J’utilise une seringue avec une aiguille très fine qui fait de cette piqure quotidienne une formalité. Voici en image mon « kit blocage » : la fiole de Lupron, une aiguille stérile (par jour), des petites lingettes d’alcool.

 

 

Choisir la FIV, un questionnement moral

22 août 2013

Se diriger vers la fécondation in vitro, n’est pas simplement une solution « technique » à nos yeux.

Au delà-la du formidable espoir que cette technique suscite chez tous les couples infertiles, il reste un questionnement profond sur la nature de cet acte et ses conséquences tant sur l’enfant que sur les parents.

En nous engageant sur ce chemin, nous nous sommes posés beaucoup de questions en essayant de nous confronter aux aspects moraux et éthiques liés à cette procédure.

La FIV est une avancée médicale encore relativement jeune et parfois encore controversée. En faisant des recherches, lisant toutes sortes d’articles, je me suis vraiment rendu compte à quel point cette avancée apporte aussi son lot d’inquiétudes quant à l’avenir de nos bébés éprouvettes. De récentes études ont montré par exemple, qu’il y aurait des risques augmentés de maladie cardiovasculaire, hypertension et diabète chez ces futurs adultes éprouvettes. Néanmoins rien n’est encore catégorique, seul l’avenir nous le dira. De plus, selon certaines statistiques, le risque de malformations est superieur à celui des enfants issus de conception naturelle.

Mais voila, en tant que possibles futurs parents de ces enfants, doit-on prendre ces risques? Sachant tout cela, quel sera l’attitude des parents avec ces enfants inespérés? Serons-nous au final des parents étouffants et surprotecteurs? Trainerons-nous la culpabilité de transmettre une forme d’infertilité à nos enfants si ce n’est davantage? Pour tous ces embryons surnuméraires, quel sera leur avenir? Et bien plus de questions encore…

La profonde peine à l’idée de ne pas pouvoir fonder sa famille pousse souvent à ignorer ces questions face à l’espoir immense que procure la FIV. Personnellement, je pense que c’est un sujet à aborder au sein du couple, sans tabou.

Je ne pense pas défendre aveuglement la FIV sous prétexte que nous y aurons recours. Il reste beaucoup de questions en suspens et je crois que choisir cette procédure, c’est aussi en accepter les risques (connus et encore inconnus). (Cela-dit il est bien compliqué d’accepter ce que l’on ne connait pas!).

Pour le moment, nous n’avons pas l’origine de l’infertilité de mon mari. Il se pourrait qu’elle soit « idiopathique ». Il y a bien évidemment plus de chances (lesquelles?) que des garçons issus de ce patrimoine génétique rencontrent les mêmes problèmes, mais rien n’est certain.

Si un jour, nous avons la bonheur d’accueillir un fils , nous prendrons la responsabilité de l’informer sur nos problèmes de fertilité. Il est juste de faire connaitre ses antécédents dans tous les cas. Pour les problèmes de santé cités plus haut, c’est encore une autre approche. Comme pour toute maladie, malgré un terrain propice, il n’est pas assuré qu’elle se déclare. A nous de veiller à favoriser une alimentation saine et un mode de vie actif pour contrer ce terrain. Pareillement, il ne faut pas hésiter à en parler pour qu’à l’avenir les jeunes adultes qu’ils seront, prendront en main leur vie en toute transparence sur l’origine de leur conception hors du commun.

Enfin, en tant que potentiels parents d’embryons surnuméraires, nous réfléchissons à l’idée d’en implanter un maximum dans la mesure de nos possibilités physiques, financières, émotionnelles et familiales. Autant dire que ce n’est pas une mince affaire… Aujourd’hui la question n’est pas concrète puisque nous ne sommes qu’au tout début du traitement.

L’infertilité est souvent liée à des problèmes médicaux. Malheureusement certains d’entre eux n’ont pas de traitement efficace. J’espère qu’un jour on trouvera un traitement pour améliorer la qualité des spermatozoïdes ou bien encore augmenter les chances de fertilisation naturelle. Pour le moment, rien de tout cela et la FIV est la seule solution médicale pour résoudre notre problème.

Nous sommes triste d’en passer par là mais ne portons pas de honte. C’est pas de notre faute si cette « pathologie » est là et il n’est pas illégitime de nous tourner vers la médecine pour la surmonter.

On pourrait aussi tout simplement poser la question  sous un autre angle : « et si j’étais une personne née éprouvette, qu’en penserais-je? »

Notre infertilite, les faits et ce que nous avons fait

22 août 2013

Parfois le diagnostic est sans appel. D’un coté c’est tellement dur quand le couperet tombe, d’un autre coté on connait le nom exact du problème.

Après plus d’une année à essayer de concevoir notre enfant avec l’application nécessaire, rien et toujours rien, pas même l’ombre d’un « plus » sur le stick.

J’ai eu beau télécharger les applications qu’il faut, prendre ma température chaque jour, uriner sur un kit d’ovulation, ingurgiter toutes sortes de potions « pro-fertilité » etc etc …

Étant bonne élève en classe de bio et appréciant toujours les sciences (de la vie uniquement!), je me doutais que quelque chose dysfonctionnait quelque part. Bizarrement je pensais que cela venait de moi. L’ancestrale culpabilité féminine sans doute…

Pour monsieur, ce sera un spermogramme et une visite chez l’urologue et pour madame des prises de sang et des échographies.

Verdict, monsieur est très peu fertile. Les résultats sont loin d’être bons, surtout au niveau de la morphologie et un peu sur la motilité et le volume. Diagnostic : tératospermie sévère. A ce moment-là, nous nous tournons vers l’urologue, persuadés qu’il y a bien une origine quelque part par là.

Re-verdict de l’urologue après prise de sang et doppler : très léger varicocèle hélas sans incidence sur le spermogramme. Le spécialiste ne nous conseille même pas d’intervention, quasiment inutile selon lui pour améliorer la fertilité. Au moins, nous ne perdrons pas de temps, ni ne prenons de risques supplémentaires.

Verdict madame, une présence à l’écho d’ovaires multi-folliculaires. C’est-à-dire qu’à  j4 de mon cycle, mes chères ovaires produisent beaucoup trop de follicules. Cela-dit j’ovulais régulièrement et étais réglée tous les 27 à 33 jours. Mon ratio LH/FSH était bon. Mais il est vrai que depuis 2 ans j’ai eu le droit au privilège de la tranche 14-17 ans,  de superbes petits boutons disgracieux sur ma peau, avant réputée parfaite… Bref. Diagnostique quand-même : syndrome des ovaires poly-kystique « léger ».

Tout cela est très résumé dans le temps. La réalité est que je commence d’abord avec quelques examens qui ne sont pas vraiment mauvais. Donc on se tourne vers monsieur et en attendant les mois passent…

Le plan d’action

Pour monsieur :

Ce sera une prise de multi-vitamines « spéciales hommes » avec des anti-oxydants. Une consommation extrêmement modérée d’alcool et de café.  (Il ne fume pas donc c’est déjà ça!). Continuer sa pratique du sport et l’augmenter un peu plus. Alimentation super équilibrée (beaucoup de fruits et légumes, peu de sucreries et de graisses) et tant qu’on peu, diminution du stress.

J’ai un mari extra, il a tout suivi à la lettre! D’ailleurs après 3 mois de ce mode de vie, son spermogramme s’est amélioré au niveau de la motilité. Malheureusement, toujours pas de quoi échapper à la FIV.

Pour madame :

Sachant que c’était direction FIV pour nous, la gynécologue a proposé un pré-traitement avant de commencer le protocole. Metformine 3 mois avant pour améliorer la qualité de mes ovocytes.

Prise de multi-vitamines tous les jours, alimentation très équilibrée (beaucoup de légumes et de fruits, peu de glucides, beaucoup d’eau). Je ne suis pas une grande sportive mais j’adore la marche active, donc cela suffira pour moi!

Après tous ces efforts, nous espérions malgré tout échapper au traitement lourd qu’est la FIV pour une insémination. Évidemment ce n’est pas arrivé mais il fallait bien essayer. Au moins nous avions fait le maximum à notre niveau pour que dame Nature nous soit favorable. Nous ne regrettons rien, au contraire, nous ne nous sommes jamais senti en aussi bonne forme!

Au commencement…

22 août 2013

…il y avait un homme et une femme.

C’est fou comme les (belles) années passent vite. Notre couple, il a commencé il y a bien longtemps de cela. On dirait une grand-mère qui parle!

Nous deux, c’était il y a bientôt dix années. Pour moi, juste après le bac et pour toi un an après le bac. Je pense qu’au fond j’ai toujours su que ce sera toi, pour toujours. Les années d’études qui ont suivi sont pleines de souvenirs qui me font sourire et me rappelle la confiance en l’avenir et la vie dont nous rêvions.

Quel bonheur de savoir qu’aujourd’hui nous avons transformé cet amour de jeunesse en un mariage fort et complice. Voila que la pluie est venue nous visiter depuis plus d’un an et que le mauvais temps des annonces et des rapports médicaux a apporté un brouillard de tristesse dans notre vie.

C’est peut-être cela la vraie vie, la vie d’adulte, celle des choix et des épreuves. Je nous en aurais bien passée de cette épreuve-ci. Mais on ne choisit pas cela, par contre toi je t’ai choisi pour la traversée.

Ce blog…

22 août 2013

A mon tour d’écrire. Le genre d’histoire d’infertilité à  laquelle je n’avais jamais pensé qu’un jour il me serait donné de la mettre par écrit. Mais au fond, de quel droit je pensais naïvement que je pouvais être épargnée un jour ?

C’est une sensation étrange de se dire que nous faisons parti des 1/6e de la population qui font face à cette situation. En même temps, il faut avouer qu’il y a aussi quelque chose de rassurant à ne pas se sentir seuls.

Dans ce blog, j’étalerai mes interrogations, mes pensées du moment et aussi les procédures médicales qui vont occuper mes prochaines semaines.

Ce blog est pour moi, pour nous, pour un enfant à venir et pour vous.