J3 post-transfert

J3 post-transfert.

Un embryon au stade blastocyste met de 24 à 48h à s’implanter…S’il le fait.

Est-ce que depuis hier je parle déjà à un ventre vide ?

Un rien me fait pleurer.

J’ai l’impression d’être un fruit devenu trop mûr à force de me blesser en me heurtant ainsi à tout…

En revenant du transfert samedi, grosse crise d’angoisse. Palpitations. Pleurs.

Et le soir-même qui voilà ? Super SPM!

Comme la 1ère fois. Au même moment exactement.

J’oscille à cet instant entre l’incrédulité et le désespoir.

Je prends depuis 3 jours un peu de Buscopan (ou Spasfon), et aujourd’hui j’ai été acheter des comprimés à la valériane pour essayer de me détendre, de rester positive. Mais bon dieu, ces 3 embryons fragmentés me traumatisent! Pourquoi ?? A cause de mes ovocytes? De ses spermatozoïdes?

Calimero me possède…Je m’en hais mais n’y puis rien.

Mon homme, impuissant de nouveau, m’observe attentivement sans pour autant m’interroger inlassablement: un baiser, une étreinte, une pression de la main.

« Je suis là. Appuie-toi sur moi ».

Juste ça. Et pour moi ça signifie tout.

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Mon étoile

2 jours.

Il m’a fallu 2 jours pour digérer le fait de ne pas avoir d’embryons congelés :-(

Ce transfert s’est transformé en ascenseur émotionnel:

« Bonjour madame, bonjour monsieur! Quel étage ?

- Oh, pourriez-vous nous emmener voir la vue et ensuite les sous-sols, svp ??

- Bien sûr madame, avec plaisir madame. »

Je m’explique:

Tout d’abord, la gyné de garde était en retard.

Le retard du gyné Grand-chef indien est un signe de reconnaissance: un gyné qui arrive à l’heure est, j’imagine, immédiatement mis au ban des gynés bien élevés et certainement suspecté d’être sorti de sa promo sans aucune distinction, genre gynécologue de 3e zone. Un gyné bien élevé est donc un gyné en retard, qui arrive qui plus est tel un deus ex machina pile au moment où vous pestez sur lui auprès du couple qui attend de passer après vous. Oups…

Ca, c’est fait. Je sens que je vais le payer…

Et je le paie. Mais la gynéco n’y est pour rien. Car c’est la biolo qui entre dès que je suis sur la table et nous annonce d’emblée: « Les 4 embryons ont tenu ».

Nous, en choeur: « C’est vrai ?! Mais c’est fabuleux !! Enfin!

- Euuuh oui mais non, parce qu’en fait, les 3 autres n’étaient pas d’assez bonne qualité pour être congelés. Je suis navrée. »

Le coup de massue. Mon homme voit, désemparé, les larmes me monter aux yeux. Ca recommence. A ma question de savoir si la qualité ovocytaire peut désormais être sérieusement mise en doute, la biologiste me dit que non et la gyné fait chorus. Mais bon dieu, le calcul est pourtant vite fait: 2 fiv -> 13 ovocytes -> 2 embryons viables. C’est moi ou y a comme un problème ??

Je bombarde donc la gyné de questions pendant qu’elle prépare mon col. Pendant ce temps-là Chat d’amour aperçoit la taille du speculum et vire au vert (d’ailleurs, il a même mis son masque à l’envers).

Je pose 2 questions essentielles: « Un protocole court ne serait-il pas plus indiqué dans mon cas ?

- Non, vous n’êtes pas une mauvaise répondeuse! Le but d’une fiv, médicalement parlant, est d’obtenir 10 ovocytes et ici, on en a ponctionné 9.

- Et la différence entre Menopur et Puregon ?

- Rien de significatif là-dedans: vous savez, quand on change un protocole, c’est plus souvent parce que c’est important psychologiquement pour la patiente! »

La patiente en question est en train de dérouiller. Car malgré le fait d’avoir beaucoup moins bu que la 1ère fois, ma vessie pleine + un ovaire droit gros comme un oeuf = douleur atroce au rein droit et tortillage en gémissant dès qu’elle appuie la sonde pour repérer son cathéter.

De guerre lasse, elle refile la sonde à mon homme qui a la corvée d’appuyer très fort dès qu’elle repère l’endroit ad-hoc alors que je souffre le martyre.

Malgré cela, je garde les yeux grand ouverts pour ne pas, cette fois-ci, louper l’arrivée de notre rescapé dans mon utérus. Et c’est au bord de la nausée que je vois le minuscule point brillant être transféré au chaud.

Dès que mon homme relâche la sonde, la douleur s’estompe et la gyné vérifie le moindre signe d’hyperstimulation. Rien. Elle m’explique qu’avec 2 fiv en 3 mois, mon corps a douillé…

Sans blague.

Elle prend encore le temps de nous remontrer notre embryon sur l’écran de contrôle et on voit un point brillant de la taille d’un dixième de grain de riz.

L’émotion me submerge.

Ma petite étoile…

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Transfert J-1

« Késésa? »vous vous dites.

CA, ce sont des Appâts A Bébé.

Oui monsieur, oui madame.

C’est genre le truc que j’ai, lors de la 1ère fiv, totalement nié: Nan, je le voulais pas, ce super bavoir Skip Hop avec les plats assortis!! Et puis ça va me porter malheur!!

Sauf que… Avant de commencer fiv 2, j’en avais subitement eu BESOIN. Pour me projeter/faire dodo avec/je sèche. Entourer la mention que je préfère :-)

Parce que le transfert, c’est demain, 9h.

Transfert auquel mon homme va assister (samedi oblige) et pendant lequel il va sans doute devoir bosser (hé ouais, le samedi il n’y aura que la gyné de garde et qu’elle n’a que 2 mains): à lui mes « Purééééée, je dois TROP faire pipi!!! Mais pourquoi j’ai encore bu autant, je tiens pluuuus »!!!, le déguisement complet pour partir en salle et le maniement de la sonde écho externe :-)

Demain 9h. Et je saurai enfin si les 4 loulous ont tenu. Et j’accueillerai mon petit warrior la trouille au ventre. Mais émue comme c’est pas permis…

 

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4 petites vies si fragiles

4.

4 embryons sur 5 ovocytes micro-injectés se développent en ce moment-même, loin hors de moi.

Sur les 9 ovocytes prélevés, 4 se sont révélés inexploitables mais, des 5 ovos restants, 4 petits loups se battent avec chacun 4 cellules à J2 de vie. D’après la biologiste, ils sont ‘biens’…Plus laconique tu meurs ;-)

On part donc sur un transfert samedi, car elle veut sélectionner un winner.

UN?

Oui… Ils se sont montrés de nouveau hyper réticents quant à un transfert de 2 embryons pour ‘seulement’ une 2e tentative. Mais en même temps, le nouveau statut de mon homme a changé la donne, même pour nous: je sais que je vais angoisser avec 2 blastocystes (embryon de 5J) dans le bidou: « Est-ce qu’on va assurer ?? Et si mon homme ne retrouve pas un job équivalent à celui-ci ?? »

Prochaine étape: appeler le secrétariat de la pma vendredi pour fixer l’heure du transfert.

Je vais croiser tout ce que je peux jusque là…Prier pour que mes schtroumphs tiennent tous jusque samedi…

Et peut-être avoir des babies sur la banquise, enfin…

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Ponction Fiv 2

Voilà!

Il y aura finalement eu 9 ovocytes sur les 8 apparemment repérés à l’écho de vendredi (dixit Laurence, infi/ange gardien N°2).

Tout s’est sensiblement passé de la même manière et on m’avait même octroyé la même chambre que la 1ère fois. Seule l’équipe en salle de ponction différait, car réduite au minimum: la gyné (une de celle que j’apprécie, tant mieux), Laurence et l’anesthésiste. Rentrée scolaire oblige, une bonne partie de ce petit monde a accompagné sa progéniture à l’école, ce matin ;-)

On en a d’ailleurs croisé plein, sur le chemin de l’hôpital (qu’on effectue toujours à pied): un tas de petits bouts que leurs parents avaient fait tout joli pour leur 1er jour de classe, traînant à leur suite des mallettes sur roulettes trop lourdes qui se chopaient chaque infractuosité du trottoir. Crise de larmes pour certains. J’ai eu envie de kidnapper au moins 20 de ces petits bouchons sur les 15 minutes de trajet ;-)

Comme m’a dit ma copinaute Aurélie: ponction le jour de la rentrée scolaire… Bon présage ??

Comme pour la 1ère ponction, une mauvaise nuit m’a laissé sur les rotules et en fait, je n’ai qu’une hâte: me rendormir! Je ne ressent pas plus d’appréhension qu’il n’en faut: juste un léger tremblement des jambes, après les avoir placées sur les étriers. Laurence s’excuse pour tout: la douleur occasionnée par le placement du cathéter, les liens qu’elle noue autour de mes mollets (histoire que le Dr. R. ne se les prenne pas en pleine poire quand je serai endormie. Kate:1-Dr. R:0, ça ferait mauvais genre). Je la rassure à chaque fois: c’est bien peu de chose pour le bébé dont je rêve. Et puis surtout, ça veut dire que la stim’ est finie: plus de pics, plus de malaises,… Ce qui explique pourquoi je souris bêtement à tout, en ce matin de ponction, même à un pied de perfusion que, sans mes verres de contact, j’ai pris pour une personne en entrant dans le bloc.

45 minutes plus tard, quand je me réveille péniblement dans le sas, j’entend confusément Laurence me dire « Mme B., il y en avait 9, finalement! » avant de re-sombrer brièvement dans le sommeil. Un aide-soignant vient redescendre mon lit et j’ai récupéré assez de forces pour lui raconter ma vie, d’une façon semble-t-il assez décousue pour qu’il me fixe d’un air consterné quand il redépose mon lit dans la chambre 350. J’adore le nombre 350. Je le surkiffe. 3+5+0=8. Hum, mais encore? Rien, en fait.

Aïe. C’est le truc suivant auquel je prête attention dès que je suis mieux réveillée. Purée! Je douille sévèrement. Bien plus que la dernière fois. Je saigne un peu plus, aussi. Une infirmière de la mat’ vient me voir et me met d’autorité une perf’ supplémentaire d’anti-douleur: « On va tout de même pas vous laisser souffrir pour rien! ». Et un ange gardien supplémentaire, un!

« Vous savez, il n’y pas de honte à demander un anti-douleur supplémentaire: il a des mamans qui en ont plus besoin que d’autres ».

Hein? Elle a dit quoi, là ?? Elle m’a ‘traitée’ de maman ?! Mais c’est que je vais l’embrasser, si elle continue!!

Laurence repasse vers 13h, avec mon certificat médical et ma prescription pour les ovules d’Utrogestan, miam! Alors, ça ne m’avait pas trop manqué non plus, tiens, les ovules vaginaux: ça va encore être les chutes du Niagara dans ma culotte… Mais je veux bien en mettre 9 mois si ça veut dire empêcher mon bibou de se décrocher :-)

Elle me rappelle également que la biologiste n’appelera que mercredi pour me donner des news de ces 9 ovocytes. Fécondés, pas fécondés ? Y aura-t-il des warriors dans le lot ?

Et c’est parti pour 2 autres jours d’angoisse…

 

 

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La ponction J-1 ou ‘Vous reprendrez bien un peu de trouille ?’

10 jours de stim’ et…emballé c’est pesé: ponction demain à 9h!

Ma visite de vendredi, qui devait être ma 1ère écho pour vérifier le nombre de follicules, a été rondement menée par la gynéco qui avait effectué mon 1er transfert, en mai dernier et honnêtement, elle a été rassurante, enthousiaste et empathique.

Oui, oui, vous avez bien lu: em-pa-thi-queuh ;-)

D’abord elle était pile à l’heure (mais non, je ne pipote pas: c’est la relation d’un vrai rdv dans mon centre!! Je ne rêvais pas, promis juré :-) )

« Comment vous sentez-vous ? » m’a-t-elle demandé, en me regardant VRAIMENT (j’existe, j’existe, ouiii! Je ne suis pas qu’une vue de l’esprit!!)

Ensuite, elle m’a rassurée en me parlant d’un congrès récent auquel elle avait assisté et qui, en substance, dit que les femmes avec un endomètre obèse comme le mien tombent enceinte aussi, un point c’est tout (d’ailleurs, fine mouche, elle ne m’en a même pas communiqué l’épaisseur…dès fois que j’en ferais encore toute une montagne)!

A peine la sonde en place: « Oula, c’est pour lundi tout ça! »

Kè??

« Ah oui oui, il y en quelques-uns de bien, là! Les 300 ui de Menopur ont bien fonctionné! »

Sans blague ?? Y a même un jour où j’ai du annuler un déplacement professionnel, tellement j’avais mal dans le bas du ventre et que j’avais l’impression que j’allais me manger le trottoir… La piqûre de 300 ui de Menopur, parlons-en aussi: à la 1ère stim’, ça commençait à brûler/piquer quelques secondes avant que mon homme ne retire l’aiguille. Là, avec des doses doublées…Oui: je pleurais à mi-parcours et une fois, Mr Kate a impulsivement ôté l’aiguille tellement j’ai crié. Genre le produit, visqueux, brûlait tellement que j’avais chaque fois l’impression qu’on lâchait un rat de labo faire un ‘giro’ dans mes entrailles. Et les effets secondaires ont été beaucoup plus tardifs (à 6 jours de stim’) mais fulgurants: nausées au boulot, problèmes pour me situer dans l’espace, impression régulière de parler aux gens de derrière une vitre, bouffées de chaleur, migraines. Mains moites et tremblantes.

Cela en aurait-il donc vraiment valu la peine ??!

La gyné a terminé l’écho, l’infirmière a fait ma pds et voilà qu’on me remettait déjà les papiers avec les dernières instructions: l’heure de la ponction (et donc l’heure de la piqûre de déclenchement), les consignes de nettoyage à l’Isobétadine, le formulaire pré-op.

« Vous marchez difficilement, je trouve… C’est bon signe pour les taux d’oestradiol mais si vous voulez un arrêt jusque lundi, je vous le fais toute suite ».

Whaouw. Mais non merci (mon homme s’est fait licencier cette semaine et sera en préavis à partir de lundi, donc j’y vais mollo avec l’arrêt maladie, là).

Chat d’amour m’a donc vue sortir de là avec un sourire béat et incrédule mais c’était bien vrai: ponction lundi. Et l’impression que tout sera différent cette fois-ci, au vu du déroulement de cette FIV-ci!

Croisez les doigts pour moi: demain est une autre étape cruciale pour nous et on compte bien y faire honneur :-) !!

 

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Mardi 22 août ou 1ère écho de contrôle

J’ai l’impression d’être dans le film ‘Un jour Sans Fin’, avec Bill Murray…

Avec moi dans le rôle de Bill Murray (qui d’autre, avec ma chance ?!).

Il est 8h30 et me voilà toujours assise en salle d’écho.

L’infirmière (la même qu’hier), m’y a introduite à 8h20. « Débarrassez-vous, il ne va pas tarder ».

Flash de la veille. Ma tens’ remonte d’un coup. Je commence à suer.

Il est 8h40 quand Dieu N°2 entre, la tignasse toujours aussi ébouriffée et la gueule de travers, catégorie  ’saut du lit’.

« Ca va ? »

Je sais que ce n’est qu’une formule de politesse. Ma fureur me rend glaciale et y a de la buée qui sort de ma bouche, quand je répond:

« Stressée. ».

La température vient de chuter à -20 degrés celsius.

« Oh mais faut pas, hein! ».

Cet homme est fait d’airain/C’est un robot/Il n’en a que foutre.

Biffer les mentions inutiles.

« C’est à dire… » ma voix devient mielleuse et s’il avait 2 sous de jugeote, il déposerait la sonde à l’instant et irait vérifier son carnet de vaccination avant de revenir faire mon écho. D’ailleurs, l’infi s’écarte: elle ne doit pas être vaccinée contre la rage, elle « …que je suis déjà venue hier.

« Oui, on m’a dit » Il empoigne la sonde, met la capote dessus, dépose le gel.

« Mais personne n’est venu. Alors, voyez-vous, la dame ici présente (le spécimen en question, tapi contre le mur, présentant à ce moment précis des yeux de lapin pris dans les phares d’une voiture) m’a dit qu’elle vous appellerait pour que vous commenciez à 8h15.

-Oui oui, je sais. »

Il commence l’écho, imperturbable, avec des ‘mumhs mumhs’ approbateurs.

« Ah, il y a déjà 5 follicules en devenir de chaque côté cette fois-ci!

- Non mais parce que vous comprenez bien qu’on n’a pas besoin de tout ce stress inuti…QUOI?! »

Il a un sourire jusqu’aux oreilles. Ressort la sonde et ressort de la pièce aussi sec, avec moi dans son ombre, sautillante, en train d’enfiler mon string tant bien que mal.

Je m’assied face à lui, bredouillante.

« 10 follicules de prêt?! Doc, là je ne comprend pas.

- Oui, je vous avais dit qu’un cycle n’était pas l’autre. Et puis, là, avec des doses doublées, ça devrait prendre… Autre chose à signaler?

- Je fais du spotting et je n’ai pas eu ça la 1ère fois avec le Suprefact.

- Oui, ça peut arriver. C’est NORMAL. »

Ah ben. Ca faisait longtemps que je n’étais pas revenue dans la normalité pmienne, tiens…

« Allez, vous commencez la piqûre de Menopur demain soir et vous revenez le vendredi 31 août à 8h40.

- Doc?

- Hum hum ?

- Si on a la chance d’avoir plusieurs embryons fécondés cette fois-ci, vous pourriez envisager d’en implanter 2 ? »

Là, j’ai l’impression de lui avoir jeté un seau d’eau froide: il se redresse et tapote avec son bic l’affiche collée à sa droite, sur le mur.

« Ah mais c’est qu’on est obligé de suivre strictement les conditions de remboursement des caisses maladies!! »

Elles disent quoi, en Belgique, ces foutues règles ?

Elles disent que:

« < ou = 35 ans: 1er cycle: maximum 1 embryon

2e cycle: 1 embryon ou 1 embryon de bonne qualité et 1 de qualité insuffisante (???)

à partir du 3e cycle: maximum 2 embryons »

(Je n’ai recopié que celui-là, puisque c’est mon cas: 34 balais au compteur, 2e tentative).

Et là, miracle, Dieu N°2 fit LA réflexion qui racheta tout le reste:

« Oh mais bon, vous savez… La qualité d’un embryon, c’est très subjectif »

Assorti d’un clin d’oeil.

Je suis sortie de là avec une pêche d’enfer.

Prête pour la stim’ !!

 

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Mardi 21 août ou Faux Départ

J’ai rdv à 8h10.

Je suis donc debout depuis 6h20, j’ai effectué le trajet à pied en 20 minutes record et je trépigne déjà dans la salle d’attente à 7h50. Mon gygy référent passe dans le couloir avec des dossiers et je le salue avec la déférence requise. Il marmonne un vague bonjour en retour avec l’air de quelqu’un qui ne me reconnaît ni d’Eve, ni d’Adam. J’aurais encore plus de chance si j’empoignais la serpillière posée sur le charriot de la dame de nettoyage pour briquer le couloir.

Ca fait toujours plaisir…

On m’appelle à 8h10 pile, c’est l’infirmière que j’apprécie le moins (le monde n’est pas parfait). Elle fait ma pds, me demande de me déshabiller et de me m’assoir dans le fauteuil. « IL ne va pas tarder ».

Tant mieux parce que j’ai les fesses à l’air et que j’ai pris le rdv de 8h10 car je dois filer ouvrir le magasin après.

8h20, je compte les carrés de placo au plafond.

8h30, j’ai des bouffées de chaleur. Je descend du fauteuil et entame les 5 Kilomètres Salle d’Echo (d’un mur à l’autre).

8h40, je me rhabille et fais irruption dans le bureau des infis en demandant si le Dr. P. se prend pour Dieu. Regards consternés. Gêne palpable.

« On vient de l’appeler, il est en chemin.

-C’est une blague ?!! Il a eu un accouchement, une urgence ??

-Euh, pas tout à fait… Il a oublié de vérifier ses rdv de ce matin, donc là, il arrive. C’est toujours un peu le chaos, à la réouverture de la pma… »

Je me sens devenir cramoisie. Je tourne les talons pour récupérer mes affaires et l’infirmière me suit en me proposant soit de l’attendre encore, soit de me remettre un rdv le lendemain à 8h15…avec mon gyné référent.

Nom d’une pipe en bois! Il est écrit quelque part que je suis enchaînée à lui à vie, pas possible autrement !

« Ok. En même temps, là il est presque 9h et je vais être en retard, donc je n’ai pas le choix! Par contre, si j’ai bonne mémoire, le Dr F. commence toujours ses consultations à 8h30…

-Oh mais on va l’appeler pour qu’il soit là plus tôt, pas de souci!

-Oui, parce que demain, j’ai ma boss qui passe la journée dans mon magasin et j’ai un planning serré, de nouveau! »

Je quitte l’hôpital avec la tension à 18 au moins, récrimine au téléphone avec mon homme (vert de rage, lui aussi), rate mon bus et arrive au boulot à la ramasse.

Ca commence bien…

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FIV 2: c’est reparti !

Bon.

Voilà. On y est.

Après un cycle 2 post-FIV un peu chamboulé (qui m’avait amenée à annuler mon rdv d’aujourd’hui par peur d’être encore sous reds), j’ai recommencé le Suprefact le 06 août dernier.

Je suis contente de recommencer :-) . Je suis terrifiée de recommencer :-( .

Je ris. Je pleure.

Ambivalence psychologique, mâtinée des désormais bien connus symptômes des hormones en chute libre (merci la ménopause chimique). Résultat: retour des envies de meurtres de mon entourage. Euh, en l’occurrence, Chat d’amour. Qui me certifie que non.

Bullshits.

Ou peut-être pas.

En effet, je me suis mieux préparée cette fois-ci, même si l’intervalle a été plutôt court: cure de vitamines prénatales blindées d’acide folique, cure de magnésium (du coup, moins de fatigue!) Et je ne me suis pas arrêtée de vivre: je bois un verre si j’en ai envie, je ne consulte plus internet comme une folle et même ma libido n’a pas (encore) déserté.

Cette fois, j’ai envie d’y croire. Alors que la 1ère fois, je suis restée négative la plupart du temps…C’était ma façon de me protéger.Là, je viens de me rendre compte d’un truc hyper important (si si!): je n’ai JAMAIS réussi quelque chose du 1er coup! C’est l’histoire de ma vie, ça. « Kate est un peu maladroite mais persévérante: quand elle a vu un exemple, elle recommencera autant de fois que nécessaire, jusqu’à la réussite ». Verbatim dans un de mes bulletins scolaires.

Non, en fait je pipote un peu, là. Mais pas tellement.

Là, je connais chaque étape. Bon, il est vrai que par moment, cela a ses inconvénients, notamment au niveau de la douleur physique. Mais cette fois, je croise les doigts pour que la dose doublée de Menopur nous permettent d’avoir des embryons congelés et, peut-être, d’en avoir 2 implantés. Double chance. Double joie qui nous faisait si peur il y a six mois! De l’eau a coulé sous les ponts, depuis: on est encore plus soudés, encore plus dans l’attente de ce grand bonheur qu’est la parentalité. On se comprend. On a les moyens d’assumer des jujus, on les fêtera même comme il se doit!

Niveau effets secondaires, je saigne encore très souvent de la narine droite, j’ai encore des vertiges, des maux de tête et je fais de la rétention d’eau. J’ai gardé les kilos de stress de la 1ère FIV, aussi.

Je dis kilos de stress parce que ce n’est pas le traitement en lui-même qui m’a fait grossir, mais bien la fin des privations: je me suis jetée sur tout ce que je m’abstenais de manger ou de boire, après l’échec avéré de la 1ère FIV. Et puis depuis un bail, manger me réconforte, m’emplit d’aise et de plaisir partagé avec mon homme (un de plus). Donc j’avoue que je trimballe quelques kilos excédentaires, de ce côté-là ;-) . Mon homme n’a pas l’air de désapprouver, ça me rassure… et ma peau, même de nouveau un brin mutante, est maintenue dans un état satisfaisant par l’achat de produit adaptée chez ma pharmacienne préférée, supportrice de la 1ère heure: maintenant, chaque fois que je passe devant sa pharmacie (pas dur: c’est en face de chez moi), elle lève les poings ou croise les doigts derrière sa vitrine. La dernière fois, un petit monsieur qui patientait dans la file m’a zieutée avec insistance: il a du penser que j’étais une des athlètes envoyées aux J.O….

Pour les cheveux, par contre… On va dire que je serai sûrement obligée de commander une perruque pour Noël mais nom d’une pipe en bois, si je passe les fêtes enceinte, rien ne dérangera :-)

Finalement, j’ai pu décrocher un rdv de contrôle avec le Dr D. (chef du service de ma pma) demain matin: j’avais le choix entre demain avec lui ou mercredi avec mon gyné référent, donc j’ai pas hésité un quart de seconde! C’est le chef de service qui m’avait reçue pour 2 de mes IAC, à l’époque et j’avais bien accroché avec lui: autoritaire mais énergique, tout à fait ce qu’il nous faut! Demain est juste l’écho (et pds) qui doit vérifier si mes ovaires et mon endomètre sont bien au repos pour lancer la stim’ fin de semaine mais je lui reposerai la question concernant mon endomètre épais lors de la 1ère FIV, ainsi que pour les violentes douleurs ressenties pendant les règles qui ont suivi.

Sereine, oui…mais jusqu’à un certain point: on ne se refait pas!

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FIV 1 : il était une fois la FIV (etc etc…)

J’ai donc commencé cette 1ère FIV un (beau?) jour d’avril 2012…en débutant la ménopause chimique à l’aide d’un spray nasal (le Suprefact), qui consiste à prendre 3 puffs/jour à 7h/15h/23h, en changeant de narine alternativement (en démarrant le 20e jour du cycle).

Oui monsieur, oui madame.

Ce système donna lieu à des courses effrénées sur mon lieu de travail quand je me rendais compte que l’heure était dépassée (je travaille dans un magasin de vêtements et j’ai du planter plusieurs fois-là quelques clientes médusées), à 8 heures strictes de sommeil (même le dimanche) et à un drame le soir où mon dernier flacon (j’en avais eu 3) s’est vidé dans mon sac à main (ce qui a donné lieu à une virée nocturne aux urgences de l’hôpital plus que mémorable). Et surtout, 1er vrai souci: j’ai vite constaté que je faisais TOUS les effets secondaires! A moi la peau de reptile assortie d’acné juvénile (si si, c’est possible), les vertiges, la fatigue extrême, les saignements de nez, la diarrhée et, sinon ce ne serait pas drôle: les écarts d’humeurs pendant lesquels mon entourage direct rêvait soit de m’interner (pleurs et hurlements au passage d’une mouche) soit de me produire dans un cirque (speedée comme une vieille cocaïnomane).

Ensuite vinrent les règles et, 7 jours plus tard, la toute 1ère (d’une looooooongue série) échographie de contrôle pour vérifier que mon organisme avait enregistré qu’il était mis au repos, RAS, au rebut, fé dodo, le néant absolu.

Moi: « Je crois que ça a pas marché »

Gygy: « Et pourquoi ça ? »

Moi: « Parce que j’ai toujours eu la poisse et qu’y a pas de raison que ça change. Allez, dites moi que c’est rare que ça foire!!

Gygy: « C’est HYPER rare que le Suprefact ne fonctionne pas, vous savez »

Moi: » C’est pas ce que j’ai lu sur un forum… »

Gygy (tout rouge): « Ah mais non hein!! Vous n’allez pas commencer à aller ‘psychoter’ sur ces forums de femmes hystériques ?! »

Moi: ………………….

Ben si. En fait.

Et vu que mon corps avait (finalement) bien obéi au Suprefact, mon gygy tout content m’a prescrit 150 ui (ou Unité Internationale) de Menopur à m’injecter en ‘sc’ (euh… what??) dès le lendemain. Késako ça, le Menopur ?? Hum, une hormone d’origine humaine. En réalité, constituée en partie d’urine de femmes ménopausées. Hé oué… Ca calme, non? On allait booster mon ovulation avec du pipi de femmes qui n’ovulent plus. Logique.

Sauf que les piqûres et moi… Même en Sous-Cutané (aaaaah, voilà!)… Alors on a fait appel à des infirmières à domicile, qui ont appris à Mr Kate à les faire tout seul comme un grand. En même temps, on savait déjà que la piqûre de déclenchement, 36 heures avant la ponction, se faisait souvent en pleine nuit…et on se voyait mal débarquer aux urgences en Super Pantoufles. So: apprentissage des pics pics et en un rien de temps et…transformation de mon bidou en planche de fléchettes, avec bleus et autres indurations. Et après 2 jours, fortes douleurs aux ovaires. Moi, bonjour l’angoisse, genre ‘là-dedans, c’est l’usine à follicules, je vais avoir plein d’ovocytes et me taper une hyperstim »!

Ah. Késako l’hyperstim’, me direz-vous? Voici:

« Le syndrôme d’hyperstimulation ovarienne (HSO) est une complication rare, mais potentiellement grave, de la stimulation ovarienne qui s’observe dans la deuxième phase d’un cycle stimulé (phase lutéale) ou même, parfois, en début de grossesse.Il se manifeste par la présence d’ovaires de taille très augmentée, ainsi qu’une rétention d’eau parfois importante ». En bref: la merde, quoi.

La 1ère écho de contrôle n’ayant lieu qu’au 8e jour de la stimulation, j’ai eu le temps de m’imaginer avec des ovaires au bord de l’explosion…Sauf que, ce jour-là, la gyné de garde (c’est un centre où officie chaque jour un des 5 gygys attachés au centre) me dit laconiquement tout en pratiquant l’écho endo-vaginale: « Endomètre à 10 mm. 3 follicules ».

Moi: « Kè? ». Sauf qu’en réalité, j’ai dit : »Excusez-moi de vous demander pardon, Dr C. ?

-3 follicules.

-Mais c’est nul ça, non ??!

-Oui enfin, bon, Mme Machin, vous savez, la 1ère fois c’est un galop d’essai! »

Envie de meurtre instantanée. Un ‘galop d’essai’. Pauvre conne.

Et 1er constat: non, les Super Gynés Grand-chefs indiens qui officient dans une unité de PMA n’ont pas reçu des cours de psychologies en sus. Ou alors, ils les ont brossés pour aller au bistrot du coin s’en jeter une avec leurs pairs Grand-chefs indiens. Je déteste les indiens. Les ferait bien cramer vifs cousus dans leur tipis.

Et donc me voilà sur le chemin du retour, aussi sonnée qu’un boxeur, en train de me répéter « touçapourçatoutçapourça ?! »

Ben oui. En fait.

Mes vieux ovaires avaient décidé de jouer les feignasses.

2 jours plus tard, le Dr R. m’annonce (entre 2 coups de fil à une copine pendant l’écho. Si si, véridique): « 4 follicules! Ah mais par contre, il est bien trop petit, on ne le prendra pas à la ponction.

-Super. Et on va ponctionner pour 3 malheureux follicules??

-Absolument! On a déjà obtenu des grossesses avec un seul, vous savez! »

Quelle est mignonne…Sauf que je lui rappelle que nous sommes en Belgique et, qu’au contraire de la France, la tentative me sera comptée par ma caisse maladie même si, au final, ces 3 follicules se révèlent vides après la ponction!

Hé oui…Il y a ça aussi… Nous avons en Belgique actuellement droit à 6 tentatives remboursées (à savoir qu’une FIV coûte plus de 2000 euros). Une ponction = Tentative 1. Alors qu’en France, il ne comptabilise la tentative que s’il y a transfert d’embryon. La différence est cruciale! De plus, nos voisins bénéficient de 4 Fiv par enfant, alors que nous n’aurons droit qu’à 6 en tout et pour tout…jusqu’à 40 ans.

« Vous devez rester positive et vous battre » (Ah ouais ?? Ben je me demande si je vais pas commencer par vous), « même s’il y a peu de follicules!! Endomètre à 18 mm.

- Euh. Oui madame. Euh, endomètre à 18?! C’est beaucoup, ça, par contre, non?

-Mais non mais non. » Traduction: » cause toujours… »

Mais le feu vert est donné: la ponction aura lieu 2 jours plus tard, sous AG (certains centres, notamment en France, ponctionnent encore sous AL mais, grâce à mon super forum-de-femmes-pas-du-tout-hystériques, j’ai appris que cela pouvait être un vrai calvaire malgré tout, étant donné que c’est une zone difficile à anesthésier…). L’intervention étant prévue pour 9h du matin, la piqûre de déclenchement de l’ovulation sera ainsi donc faite à minuit, par un Mr Kate soulagé de ne plus se faire insulter chaque fois qu’il piquait trop fort et subie par votre servante avec des larmes plein les yeux et l’impression (pas si fausse) que son corps avait été transformé en passoire au cours de l’aventure (une prise de sang tous les 2 jours après 8 jours de stim’ et la pic de Menopur pendant 13 jours, faites le compte)!

Bizarrement, j’étais pressée d’arriver à la ponction. Pressée de livrer mon corps endormi aux mains du corps médical, d’abandonner les dernières défenses que, têtue, je continuais d’ériger en permanence durant le traitement. Le sort était jeté, je pouvais lâcher prise.

Ce jour-là, l’accueil avait été glacial de la part de la gyné de garde (ce fameux Dr C. qui m’avait lâché que la 1ère FIV n’était qu’un ‘galop d’essai’) mais heureusement, dans mon centre, ce sont plutôt les infirmières qui jouent le rôle d’anges gardiens, et la mienne, Lise, allait m’accompagner tout du long ce jour-là. Je ne ressentais pas de peur mais j’ai depuis toujours une méfiance presque animale pour les lieux que je ne connais pas et, après qu’on soit venu me chercher en faisant chuinter mon lit dans un dédale de couloirs, ce fut un véritable soulagement de retrouver Lise dans le sas où le lit avait été stoppé. Son masque était déjà en place et elle m’expliqua clairement les instructions: descendre du lit, attendre qu’une autre porte s’ouvre (derrière laquelle je trouverais à mon tour un masque, une charlotte et autre blouse stérile). M’assoir sur le banc derrière une porte peinte en rouge, ne mettre mes chaussons qu’à ce moment-là. Pousser enfin cette porte dès que le voyant se mettrait au vert.

La salle était petite, à bonne température (souvenirs anciens de salles d’op’ où je claquais des dents de froid, nue sous ma blouse) et plusieurs personnes évoluaient en silence autour d’un fauteuil d’obstétrique rembourré qui me parut aussi éloigné d’un instrument de torture que mon propre canapé (c’est dire!). Derrière un guichet ouvert, la biologiste attendait, dans les starting-blocks. Je cherchai, parmi toutes ces blouses et ces masques immaculés, les yeux bleus de Lise et en un instant elle était là, me guidant vers la table, apaisante comme toujours: « Je vais vous placer le cathéter, ce sera le moment le plus désagréable mais restez bien immobile et je n’en aurai que pour une minute ». Pour ne pas que je me focalise trop sur le douloureux pincement, l’anesthésiste fait le pitre tout en préparant sa mixture. Je n’ai jamais eu peur des anesthésies, je me sens en confiance: on m’a déjà expliqué que je dormirais à peine 40 minutes!

Au plafond, des rectangles changent de couleur afin de contribuer à la détente de la patiente. Abstraction faite de mon déguisement et du cathéter dans mon bras, je pourrais me croire chez l’esthéticienne! On me place le masque à oxygène, l’anesthésiste commence à injecter le produit: « C’est le moment de penser à quelque chose d’agréable, madame ». J’ai à peine le temps de me visualiser avec un bibouille dans les bras que c’est le trou noir.

Réveil dans le lit d’hôpital, dans le sas qui va bientôt s’ouvrir afin qu’un aide-soignant me redescende dans ma chambre. Pensée confuse: « Comment ils ont fait pour me remettre dans mon lit ?! Vive le poids mort ;-) ! ». Lise est à côté de moi, elle me tapote gentiment la main. Elle me parle mais mon cerveau n’imprime pas. On vient me chercher, je la regarde: « au revoir, monsieur »!. Pareil quand je reviens dans ma chambre: je regarde mon homme d’un oeil torve, du genre ‘cékiceluila?’.

Les effets s’estomperont rapidement, aidés par le repas chaud que j’engloutis deux heures après. Je suis une affamée perpétuelle, une poubelle sur pattes, la fille de Gargantua: tout ravit mon estomac, flatte mes papilles, enchante mon palais. Je ne laisse sur le plateau que la petite madeleine sous-vide, sous l’oeil hilare de mon homme: « C’est pour manger sur le trajet du retour.

- On est à 5 minutes en taxi.

- Ah oui ? » J’essaie de prendre l’air que pourrait avoir une nana qui vient de se découvrir un alzheimer précoce.

« Oh ben je crois que je vais la manger maintenant, alors ». RIP la madeleine.

En fait la ponction est, si je fais un retour sur le parcours, le moment qui m’aura le moins ‘dérangée’, alors que c’est un acte chirurgical et donc par là, invasif. La douleur a été très supportable, tellement même que, 2 jours après, je faisais mon ménage et les effets de l’anesthésie n’ont perduré que quelques heures.

Le stress des 48h qui suivent est, par contre, atroce…

Nous savions que, finalement, 4 ovocytes avaient été ponctionnés. Mais ce 4e était immature et la gygy ne l’avait ponctionné que pour éviter un kyste éventuel. Donc nous avions 3 ovocytes, ce qui n’était pas mal puisque 3 follicules de départ ne veut pas forcément dire 3 ovocytes (on fait rarement du 100% et il arrive souvent que le follicule visible à l’écho soit vide), mais dont un qui était probablement trop mature (le plus gros). On devait donc attendre 48h que la biologiste nous appelle pour nous dire s’il y avait eu fécondation ou pas. Et ce sont les 48h les plus longues de votre vie.

Quand elle a appelé, ma voix chevrotait si fort qu’elle a du penser de prime abord que ma grand-mère avait décroché. Les nouvelles n’étaient pas mauvaises: 2 embryons se développaient au même rythme, à 48H de culture (« de vie », corrigeais-je mentalement, « de vie »). Et là, pour les départager, elle me propose d’attendre J5, ce que j’accepte immédiatement, alors que le sujet faisait débat dans nos coeurs depuis quelques jours: que faire si nous nous avions peu d’embryons fécondés?? En implanter un à J3 (comme certains centres le font systématiquement) et congeler le reste en vue d’un futur transfert (bien moins lourd à subir physiquement puisqu’on peut le faire sur cycle naturel), ou oser aller jusqu’à J5 (appelé aussi ‘stade blastocyste’), où l’embryon est déjà plus résistant ? En une poignée de secondes, elle me laisse à peine le choix: « ces 2 embryons sont de qualité honorable mais si on veut vous donner plus de chance, il vaut mieux attendre de les voir se départager. Si je n’appelle pas avant, venez mardi à 10h pour le transfert, avec un litre d’eau dans la vessie. » Ok.

J’ai déjà la tremblote à l’idée que ces 2 petits bouts ne tiennent pas jusque là…

Alea Jacta Est!

Je n’en dors pas jusque mardi… Dès que le téléphone sonne, mon coeur manque de se décrocher à l’idée de l’annonce par la biologiste que c’est cramé, foutu, que mes 2 petits warriors ont lâché l’affaire.

Mardi matin, j’arrive au bord de l’apoplexie (et la vessie, de l’implosion) à l’hosto. Chat d’amour n’a pas pu venir avec moi (boss commence à s’impatienter de ses absences, même s’il a été mis dans la confidence) et ça me pèse: je me sens fébrile, paumée, maladroite (je fais tomber 3x mes papiers le temps de monter à la salle de transfert, qui est la même que lors de la ponction). THE trac. Pas de salle d’attente mais un couloir décrépit avec des chaises en plastique fendillé qui ont l’air de venir de Tchernobyl. Je suis la 1ère à passer mais un couple est déjà là. Impression d’être seule au monde. Panique: ma vessie va lâcher. Pourvu que le couple en question ne m’adresse pas la parole…Raté: ils veulent savoir si c’est la 1ère fois, combien y en avait, blablabla… Je marmonne dans mes dents pas très poliment, ils s’en fichent, ils commentent: « 3 seulement de ponctionnés ?! Ah mais nous, on en a eu 22!! ».

Envie de meurtre instantanée. Image de Michael Douglas dans ‘Chute Libre’, qui fait irruption dans un Mac Do armé d’un bazooka. A cet instant, Lise sauve la situation en passant la tête par la porte: « Coucou, on y va!

-Lise, ma vessie va exploser, c’est atroce.

-Mais non mais non, c’est bon signe! ».

Tu parles.

Elle me montre l’arsenal complet à réenfiler (charlotte, chaussons, blouse,…) et disparaît en me disant qu’elle va revenir me chercher dans quelques minutes. Désespoir. Mes yeux fous font le tour du sas et repèrent un lavabo. Non. Pas possible, je mourrais de honte. Se retenir. Au secours, maman!

Quand elle revient et me fait entrer dans la salle, mon envie de pipi retombe et c’est le stress qui remonte d’un coup, alors que je m’installe sur le fauteuil. Tout le monde est masqué, de nouveau mais je reconnais vaguement la gygy en charge ce jour-là, que j’apprécie assez. Je lui pose des questions sur mon endomètre épais, lui dit que j’ai lu des études là-dessus et que c’est mauvais pour la nidation mais elle me rassure en me sermonnant d’arrêter mon psychotage intensif. La biolo pousse la porte, me dit en coup de vent qu’il n’en reste qu’un et qu’il a tout là où il faut. Repart préparer la canule avec mon rescapé à l’intérieur.

Je reste estomaquée par la désinvolture de l’annonce! Un! Il n’en reste qu’un! Et tous mes espoirs vont reposer sur cette tête (d’épingle) si fragile ?! Et il faudra tout recommencer si ça foire ?! Mes genoux se mettent à trembler quand je vois la canule arriver, la gygy essaie d’être apaisante: j’ai les fesses à 20 cm du fauteuil et elle n’arrive même pas à poser le speculum. Douleur. Je tente de m’excuser mais les mots sortent n’importe nawak. Dans cette canule c’est, en 10 ans, ce qui ressemble le plus à un bébé pour moi: je ne suis jamais arrivée à ce stade. J’ai envie de pleurer, Chat d’amour me manque. Comme c’est guidé par échographie, Lise appuie fort sur mon ventre et je sens ma vessie qui va lâcher. La gyné chipote et râle « vous avez un col crochu, j’ai du mal à passer ». Douleur. Je tente de regarder l’implantation sur l’écran de contrôle, ce moment crucial où elle va déposer mon winner au fond de mon utérus. Je me rappelle cet article qui expliquait que ce geste apparemment si simple était TRES important pour la nidation…et je ferme les yeux.

« Pfiouuuu, voilà, j’ai eu du mal à passer mais il est là où il doit être. » Euh, elle cherche à rassurer qui, là ??

Mouais.

On me rappelle de bien mettre un ovule d’Utrogestan 3x/jour. Oui, la nidation se fera dans les 24 à 36h car c’est un blastocyste. Revenez dans 14 jours pour la prise de sang.

Merci, salut.

Apparemment, mon centre a décidé d’honorer les nouvelles statistiques qui font état de l’inutilité d’un repos couché après le transfert… je me rhabille en 4e vitesse, dévale les escaliers en courant, me jette sur les 1ères toilettes que je dégotte. J’ai beau savoir qu’un blastocyste, si mini et pris dans les franges utérines, n’est pas soumis à la gravité… Je verse une larme.

Retour en bus à la maison. Je me couche immédiatement en me tournant alternativement droite-gauche à intervalle régulier tout le reste de la journée. Why ? J’en sais rien. Chat d’amour rentre à 18h, décrète que je ne peux me lever que pour faire pipi. Ces 48h vont être longues avant la reprise (bienvenue) du boulot.

Et c’est parti pour 14 jours de ‘psychotage intensif’, avec consultations compulsives d’internet: symptômes J1 post-transfert, J2 post-transfert,… Et mise en route desdits symptômes dès la lecture. N’importe nawak.

Avec, par contre, des sensations qui, MOI, ne me trompent pas 48H après: cette sensation de lourdeur pelvienne qui caractérise le début de Super SPM, que je traîne depuis des années. Je sens que c’est fichu et c’est dur… Les filles du forum que je squatte, si adorables, essaient de me remonter le moral/les bretelles: « c’est trop tôt pour dire que c’est négatif » ou « moi aussi je sentais mes règles arriver mais j’étais enceinte »…

Rien à faire, je SAIS. Et je prépare Mr Kate, alias donc Chat d’amour. Et je lutte contre d’insidieuses bouffées d’espoir quand je continue à lire partout que des symptômes prémenstruels, ça veut rien dire. Bullshits. Seins comme des pastèques, quand même. Coups de poignard dans l’utérus, parfois, la nuit.

Je met unilatéralement un terme à l’attente en allant faire ma pds à 10 jours post-transfert au lieu de 14. Lise ne râle pas, ne fait pas de commentaire: elle a compris que ce n’était pas la peine. J’explique juste que mes sacro-saints bains me manquent (car hyper déconseillés après la ponction et après un transfert), qu’on fête les 60 ans de mon padre dans 2 jours et que j’ai envie de pouvoir boire un verre (euh, même une bouteille entière, tellement je me sens mal). Envie toute bête de réessayer de faire l’amour (nada au compteur depuis plus de 3 semaines et encore, parce qu’on ne pouvait pas avoir plus de 5 jours d’abstinence pour la bonne survie des spermatos… La pma tue aussi la libido, c’est merveilleux).

Résultat sans grande surprise à 13h: négatif. Bredouillis désolés d’une infi inconnue au téléphone. C’est moi qui la tranquillise, la console, même: je SAVAIS. Elle me dit que je peux stopper les ovules d’Utro, ça fera venir les règles. Qui, quand elles arriveront 4 jours plus tard, me mèneront quasi aux urgences de l’hosto: des douleurs atroces me déchirent du vagin au rectum, hémorragies. Je hurle quand je dois enlever mon tampon. Retour aux serviettes type couche-culottes de mes 15 ans. J’appelle la pma et diagnostique désolé de l’infirmière au téléphone: « vous n’avez vraiment pas de chance, ma pauvre: ce sont des contractions due au traitement qui a peut-être exacerbé une endométriose. Le Dr F. n’a rien vu aux échos ? Vous avez déjà présenté de l’endométriose avant ? ». Oui, en effet, il y a bien longtemps. On en avait découvert un peu sur des ligaments et derrière un ovaire il y 10 ans, lors d’une coelioscopie. Vaporisée au laser. Enfin, normalement… « Si ça continue jusqu’à ce soir, venez aux urgences, on vous mettra un baxter d’anti-douleurs!

- Oui, merci, je ferai ça… ».

A la place, je vide une boîte de Spidifen et je continue à servir les clientes en serrant les dents. Têtue, la nana.

J’ai tenu bon la barre, tête haute, encore pendant 3 semaines. Le déni total. Je savais, non? Je n’attendais rien. Fuck la pma pendant tout cet été, ah ah ah je vais bien en profiter!

Je m’écroule le jour qui suit notre rdv de débrief avec notre gynéco référent (que, par malchance de dates, je n’ai pas eu une seule fois durant le processus).

Parlons-en, d’ailleurs, de ce foutu rdv…

Où on a entendu un nombre record de « C’est normal ».

J’explique: mon gyné est un type un peu débraillé, d’une cinquantaine d’années, à la patientèle aussi fournie que la touffe qui lui sert de cheveu. En bataille, la touffe. Ajoutez à cela un air lunaire, un peu mollasson et vous obtiendrez THE cocktail qui mettrait les nerfs en boule de n’importe quel couple qui vient de voir s’échouer leur dernière FIV. En gros, on devait se réjouir du fait d’avoir pu obtenir un blastocyste avec si peu d’ovocytes. Pour pallier à la mauvaise réponse des ovaires, on allait doubler la dose (donc: 300 ui de Menopur) et non, on ne changerait pas le protocole, parce que c’était celui avec lequel il obtenait le plus de grossesse. Que ce soit un protocole adapté à MON cas ne l’avait même pas effleuré. Que le Suprefact avait fini, par exemple, de me faire saigner violemment du nez TOUS les jours ne l’empêchait pas de dormir. Mes douleurs atroces lors des règles post-fiv ? Non plus. « Sûrement un reste d’endométriose péri-abdominale aggravé par le traitement: prenez du Myolastan (un décontractant musculaire bien connu qui sur moi produisait les effets suivants: accès de dodo intempestifs, accompagnés du filet de bave requis) ». On n’allait tout de même aller rouvrir pour aller voir si de l’endométriose avait refait surface, alors que le tic tac des 35 ans approchait ?? Ces fameux 35 ans après lesquels, statistiquement, on perdait 20% de chance de concevoir par FIV ? Non non non!

Okidoki. Message reçu 5/5. On s’est regardés, avec Chat d’amour, assommés par toutes les certitudes de Grand-Chef indien. Et quand il a dit: « On est le 20 juin. La pma ferme jusqu’au 20 août mais vous commencerez le Suprefact dès le 20e jour du cycle suivant, donc fin juillet et on se revoit le 1er jour de la réouverture du centre, d’accord ? Ca nous fera une ponction début septembre ». On a juste balbutié: « Déjà?? Ah oui, oui… D’accord ».

Et c’est donc le lendemain soir que je me suis effondrée lamentablement. Avec hoquets et tout le bataclan, alors qu’on s’apprêtait à sortir au resto avec des amis au courant de notre parcours. Je me suis rendue compte, au moment de franchir la porte, que j’en étais totalement incapable. Ce minuscule pas me paralysait derrière un mur infranchissable de chagrin. Interloqué, Mr Kate n’a pu que tenter de calmer la vague inattendue de désespoir qui s’abattait sur moi. Interloqué, et puis furieux. Furieux quand il s’est rendu compte que j’avais si fort essayé de le protéger, en minimisant tout, que je m’étais enfermée dans le déni de l’échec qu’on venait de vivre.

Je n’avais pas pris le temps de pleurer cet enfant qui n’était pas resté.

J’ai forcé Mr Kate à sortir, parce que j’avais besoin de rassembler les morceaux épars de ma petite bulle fracassée. Il m’avait longtemps bercée sur son coeur, et le mien devait réapprendre à battre selon son propre rythme.

Un battement sur 2, au début.

Pour le reste, le nouvel espoir de la FIv 2, allait se charger de le rebrancher sur secteur…

 

 

 

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