Archives mensuelles : juillet 2012

1 + 1 = FIV

Prologue…

10 ans.

10 ans sans enfant.

Aujourd’hui, j’ai peine à croire que ce visage qui s’affiche chaque matin dans le miroir de ma salle-de-bain est celui de la même personne qui, il y a 10 ans, arrêtait la pilule en pensant naïvement tomber enceinte le mois suivant…

Des inséminations artificielle (ou ‘IAC’) et une Fécondation in vitro de type ‘Icsi’ (intracytoplasmic sperm injection) plus tard, les 1ères rides sont désormais bien installées et la chasse au bouton a depuis longtemps été remplacée par celle au cheveu blanc. Le temps ne m’a pas attendue. Il a continué de filer sans moi, en me laissant coincée dans une immaturité physiologique, sociale et affective que les médecins avaient depuis longtemps qualifiée de: ‘stérilité idiopathique’ . Traduisez par: « Désolés mademoiselle mais malgré tous nos diplômes, on n’entrave que dalle à votre infertilité »!

Du coup: gamine j’étais, gamine je suis toujours… Je crèverai sûrement dans l’enfance.

L’échec de mes Iacs m’avait « déçue, certes mais sans grande fâcherie » comme disait Montaigne. Car à l’époque je m’étais fourvoyée dans un mariage précipité: le coup classique du prince charmant qui se transforme en grenouille après la mairie! Et aussi parce que je n’avais pas eu le temps de ‘concevoir’ ma future maternité, paumée dans ce mélo cliché où je croyais que c’était ce que tout le monde attendait de moi: une descendance…Mais 8 ans après, je ressens désormais les affres du manque et de la frustration de façon plus forte, plus concrète: à 34 ans, j’ai enfin rencontré l’homme selon mon coeur! Qui lui-même a abordé le sujet d’un enfant avec moi, qui a accepté immédiatement l’idée que nous allions devoir, vu mon ‘historique’, passer par la procréation médicalement assistée et qui a subi les spermogrammes, les prises de sang et les innombrables visites chez notre gynéco référent précédant le lancement du traitement avec une égalité d’humeur qui ne déparerait pas dans un monastère tibétain.

Lorsque le temps du bilan a sonné, un autre coup nous est tombé sur la tête, très inattendu celui-là: mon homme est diagnostiqué OATS. Ou porteur d’un problème spermatique d’un ordre tel que: oligospermie, tératospermie, asthénospermie ou oligoasthénotératospermie (hard cheese pour le dernier!). En français dans le texte, lui produit moitié moins de spermatozoïdes qu’il ne devrait et surtout, ils passent l’arme à gauche avant 24 heures.

Et hop, nous voilà tous les deux dans le même bateau! Ce qui règle d’emblée un problème collatéral possible: on ne pourra pas se jeter à la tête nos infertilités mutuelles un soir de beuverie moche et triste.

Appelés Monsieur et Madame La Muise par tous nos potes (en cause: une propension à faire faux-bond et à un dilettantisme notoire), on venait de tomber en quelques minutes dans une caricature de nous-mêmes qui nous laissait sans voix! Brèche de silence donc, où notre gygy s’est engouffré avec une bonhomie et une truculence qui, encore aujourd’hui, nous laisse rêveurs: « Mais ne vous inquiétez pas, on va partir sur une FIV Icsi! On obtient de fort bons résultats et puis vous n’avez que 34 ans, vous irez bien vite ‘visiter’ le quartier de naissances, vous allez voir! On commencera par un protocole long antagoniste, sous Suprefact, et dès que les ovaires seront bien au repos, on passe à l’injection de 150 ui de Menopur en phase de stimulation! ». Ké ???

Agonistes, antagonistes. HcG, LH et FSH. Menopur, Puregon, Gonal F. Endomètre échogène/hyperéchogène. Injection en SC ou en IM. Pregnyl, Ovitrelle. Follicules et ovocytes. Ponction. Taux d’oestradiol. SHO. Morula ou blastocyste. Utrogestan. TEC.

On ne connaissait il y 1 an aucun de ces mots-là. On sait aujourd’hui que les connaître équivaut à un drame. Tragi-comique, parfois…mais un si long chemin de croix la plupart du temps.

 

 

 

 

 

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