Le test de Huhner

 

Le test de Hühner, ou test post-coïtal, est un examen essentiel pour étudier l’hospitalité » de la glaire cervicale vis à vis des spermatozoïdes du conjoint. L’état de la barrière cervicale est ainsi décrit en termes fonctionnels, ce test servant de révélateur de la bonne relation entre la glaire et les gamètes mâles.

Il s’agit d’un examen non-douloureux, de première intention au côté du spermogramme et du spermocytogramme.

 

Certaines conditions sont cependant à respecter pour pouvoir interpréter correctement les conclusions:

 

Le moment de la réalisation :

- pour la femme : en période pré-ovulatoire (un ou deux jours avant la date prévue de l’ovulation ), car le maillage de la structure mucoprotéïque se resserre dès l’ovulation sous l’effet de la montée de progestérone. La surveillance de la température est par conséquent une aide précieuse pour l’interprétation, à posteriori. Un éventuel traitement stimulateur peut améliorer la production de glaire si elle a été constatée insuffisante lors d’un test précédant.

- pour l’homme: après une abstinence sexuelle située entre 3 et 5 jours avant le rapport servant au test.

 

Le rapport sexuel :

- doit avoir lieu entre 6 et 12 heures avant le recueil de glaire.

- doit être suivi d’une période de repos allongé pour la femme d’une durée minimale de 30 minutes.

- ne doit être suivi d’aucune toilette vaginale avant le recueil de glaire.

 

Le recueil de glaire:

- d’éventuelles sécrétions vaginales sont prélevées à l’écouvillon pour analyse cytobactériologique.

- l’exocol est nettoyé (« mouché ») par un tampon cotonneux pour éviter la contamination par les sécrétions vaginales.

- la glaire endocervicale est aspirée (Aspiglaire de Jondet, seringue à tuberculine sans aiguille, …).

- le recueil est apporté au technicien dès que possible.

 

Le transport de la glaire:

- ne pose aucun problème après obturation de l’extrémité du dispositif type Aspiglaire par un bouchon, pour éviter la déshydratation.

- il faut également veiller à réduire au maximum la quantité d’air présente dans le dispositif de prélèvement.

- la conservation de la glaire peut être effectuée jusqu’à 4 jours au réfrigérateur à 4° sans problèmes particuliers. La congélation est déconseillée.

 

Le test biologique:

- il s’agit désormais d’un examen biologique à part entière (B 45), avec obligations de résultats, remis au patient.

- le résultat doit comporter (obligations légales de la nomenclature, n° d’ordre 070): « le jour du cycle, le délai depuis le coït, le degré de dilatation du col, de l’abondance, de la filance, de la transparence de la glaire ; la densité de spermatozoïdes par champ, le pourcentage de spermatozoïdes mobiles progressifs, non progressifs (avec précision du caractère éventuellement oscillant) et immobiles » (arrêtés du 25 avril 1995 modifiant l’arrêté du 3 avril 1985 fixant la nomenclature des actes de Biologie Médicale), ainsi que le PH.

- L’examen s’effectue au microscope (si possible en contraste de phase), à l’objectif x 25.

 

L’interprétation :

Le test est satisfaisant :

- le délai depuis le rapport (8 à 12 heures), l’abondance (+++), la filance (viscosité minimale), la transparence, la cristallisation (de troisième et quatrième ordre), le PH (entre 6,5 et 8,5) sont corrects.

- La glaire ne comporte que peu de cellules, peu de leucocytes, pas ou peu de germes

- La glaire renferme plus de 20 spermatozoïdes mobiles (fléchants et lents) par champ microscopique (fonction du grossissement, habituellement entre x250 et x400).

=> La glaire est innocentée: elle n’est pas « hostile » aux spermatozoïdes.

Le test est négatif du fait de la mauvaise qualité de la glaire :

- La glaire est peu abondante, visqueuse, opaque, cristallisant mal (ramifications de 1°ou 2° ordre)

- La glaire comporte d’assez nombreux leucocytes et / ou cellules

- Les spermatozoïdes vivants mobiles sont rares ou absents.

=> le prélèvement a été certainement effectué en dehors de la phase pré-ovulatoire. Il convient de recommencer deux à trois jours plus tard, ou les cycles suivants.

=> si la qualité de la glaire ne s’améliore pas après deux tests de Hühner consécutifs, une stimulation hormonale est recommandée (cf. ci-dessus).

- Le PH est nettement acide :

=> la sécrétion de la glaire peut être pathologique.

=> il peut exister une infection bactérienne, en particulier à Lactobacillus

Le test est négatif avec une glaire de bonne qualité:

- Le délai depuis le rapport (8 à 12 heures), l’abondance (+++), la filance (viscosité minimale), la transparence, la cristallisation (de troisième et quatrième ordre), le PH (entre 6,5 et 8,5) sont corrects.

- La glaire ne comporte que peu de cellules, peu de leucocytes, pas ou peu de germes.

- La glaire ne renferme pas plus de 5 à 10 spermatozoïdes vivants mobiles par champs.

=> il faut s’assurer :

- Qu’il n’y a pas eu d’anomalie  » balistique  » lors du coït.

- Que l’éjaculât est réel et que le spermogramme est normal. Il faut corréler le nombre et la mobilité résiduelle des spermatozoïdes retrouvés lors du test avec ce qui est constaté lors du spermogramme.

=> en cas de spermogramme normal, la glaire ou l’interaction glaire-spermatozoïdes est vraisemblablement en cause. Il convient alors de réaliser un test de pénétration in vitro croisé pour sensibiliser la réponse et pour savoir si l’anomalie provient du sperme ou de la glaire.

- Un phénomène dit de  » shaking  » (spermatozoïdes frémissants sur place) peut être constaté.

=> il faut évoquer la présence d’une immunisation anti-spermatozoïdes dans la glaire ou le sperme (présence d’anticorps anti-spermatozoïdes), réaliser un test croisé puis explorer cette immunisation.

Un éventuel traitement stimulateur d’une dizaine de jours à partir du 5° jour du cycle, par Ethinyl-oestradiol (25 voire 50 microgrammes/jour), peut améliorer la production de glaire si elle a été constatée insuffisante lors d’un test précédant.

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